De tout et de rien :blog anti -cons ....
24 Mai 2010
Le village de Cargèse a la particularité de posséder deux églises ,une catholique et une de rite oriental.
En janvier 1676, une petite colonie de 600 Grecs issus du village de Vitylo (actuellement Oytilo) situé au sud du Péloponèse dans la presqu'île du Magne, fuyant l'occupation turque s'établirent dans l'arrière-pays de Sagone à Paomia, situé à 2 kilomètres à l'est de l'actuel Cargèse, après un passage par la république de Gênes qui leur accorda ces terrains abandonnés au maquis (la Corse était alors génoise). Ils furent cependant mal accueillis par les populations locales qui voient en eux des alliés de la république de Gênes et des personnes venues s'enrichir sur leur terre.
En 1732, ils durent se réfugier dans la tour d'Omigna puis à Ajaccio face aux attaques des villageois corses, où Gênes leur offrait des terrains. En 1773, les Grecs reçurent du gouverneur français de l’île, Marbeuf, le territoire de Cargèse et y édifièrent un village de 120 maisons. Une centaine de familles grecques consentirent à s’y établir à partir du mois de mai 1775 Marbeuf vit le village érigé au rang de marquisat par le roi à son bénéfice, comme marquis de Cargèse. Il fit construire un château au Nord Ouest du village, dans lequel il reçut la mère de Bonaparte pendant plusieurs étés. Le château fut détruit en 1793 par des assaillants corses. Avec les siècles, les mariages mixtes entre les descendants de colons grecs et les corses ont mêlé les deux communautés de Cargèse.
L'église fut construite au XIXè siècle.
Lorsque les Gênois attribuèrent les terres de Paomiaà la communauté grecque, ils firent remplir un contrat à ces derniers. Ce contrat stipulait que les Grecs pouvaient conserver leurs rites orthodoxes mais qu'ils se soumettaient tout de même à l'autorité papale. De plus, les futurs archimandrites de la communauté devaient suivre une formation à Rome. Ainsi, bien que le rite orthodoxe grec ait été totalement préservé jusqu'à nos jours, l'église grecque de Cargèse est d'obédience catholique (uniate) On parle de rite bysantin (grec catholique ) ou de saint Jean Chrysostome Avec le temps de nombreux villageois furent convertis au rite latin. Les deux rites coexistent encore de nos jours.