De tout et de rien :blog anti -cons ....
8 Juillet 2011
La paghjella (au pluriel paghjelle) est un chant polyphonique traditionnel corse, composé de vers de huit pieds rimés, où un rythme est recréé à chaque parole et engendre la poésie. Ce chant est généralement chanté par trois hommes ayant chacun un rôle prédéfini :
La paghjella est un chant profane et non sacré, court (souvent moins de deux minutes), dont les textes sont tirés de la vie quotidienne de l'époque où ils ont été créés.
En dépit de son nom - de paghju: paire - il s'interprète à trois voix. Leur entrée se fait dans un ordre précis : d'abord la Seconda qui porte le chant , suivi par le Bassu qui vient la soutenir ; pour finir intervient la Terza qui vient ajouter ses ornements (appelés ribuccati). La paghjella est l'un des chants les plus représentatifs de la musicalité corse. Il arrive parfois que cet ordre précis soit bousculé : ainsi dans le "versu aschese" (la façon de chanter à Ascu), c'est le bassu qui commence le chant.
La transmission de la culture Corse est avant tout orale. La poésie se chantait, vibrait au rythme du cœur des hommes. On chante a cappella bien sûr, comme pour faire résonner l'écho venu de l'âme. En Corse, tout est prétexte à confier ses tourments et ses bonheurs à une mélodie. On chante surtout à plusieurs voix, pour perpétuer l'antique tradition des bergers qui entonnaient, en pleine montagne, des chants à trois voix, les paghjelle. Cependant la paghjella accorde plus d'importance à la voix qu'aux paroles. En général les paghjelle sont des chants âpres, rugueux et violents, soutenus par des voix puissantes. Cette forme de chant est caractérisée par la disposition des groupes de chanteurs, souvent en cercle étroit, et leur attitude individuelle consistant à poser une main sur l'une de leurs oreilles; cette attitude peut avoir deux raisons différentes : soit fermer l'oreille afin d'avoir un retour naturel du chant et permettre ainsi de varier son volume d'écoute en fonction des autres chanteurs, soit au contraire l'ouvrir pour mieux entendre son propre chant. Ces coutumes témoignent de l'extrême symbiose que doivent avoir ces chanteurs. Les chanteurs font preuve d'une improvisation importante, un chanteur ne chante jamais une paghjella de la même manière qu'un autre.