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18 Juin 2011
Jean-Louis Debré, actuel président du Conseil constitutionnel, est alors le nouveau ministre de l’intérieur du gouvernement d’Alain Juppé. Il succède à Charles Pasqua. Le discours public est celui de la fermeté, mais la réalité est celle des négociations secrètes avec les nationalistes. Pour négocier, il faut être deux, et le gouvernement souhaite faire identifier un interlocuteur puissant. D’où l’idée : une conférence de presse des nationalistes conçue comme une démonstration de force, offrant une trêve liée à l’annonce de revendications ; une visite du ministre de l’intérieur, ne répondant pas au FLNC, mais reprenant le contenu de ces propositions.
La conférence de presse se tient à Tralonca, petit village de Haute-Corse, dans la nuit du 11 au 12 janvier. Sont réunis devant les caméras de télévision près de six cents militants du FLNC-canal historique, cagoulés et lourdement armés : lance-roquettes, fusils mitrailleurs... Ils annoncent leurs propositions politiques et une trêve des attentats pour une durée de trois mois. Les gendarmes, informés de cette réunion, relèvent les plaques d'immatriculation des véhicules, mais n'interviennent pas. Le même 12 janvier au matin, Jean-Louis Debré, effectue une visite dans l'île. Il ne dit pas un mot sur les événements de la nuit, mais prononce un discours qui reprend point par point les revendications du FLNC. La trêve de trois mois peut s’ouvrir. Dans son message, Claude Erignac écrit qu’il doit « aussi veiller à ne pas contrarier le processus politique, avec la trêve acquise pour trois mois, attendue pour six mois supplémentaires ».
Cette paix armée durera jusqu’à la rentrée de septembre 1996, avant que les nationalistes l’estiment improductive. La fin de la trêve sera marquée par un attenant contre la mairie de Bordeaux, la ville dont Alain Juppé est le maire.
EXTRAIT DU BLOG /ACTUALITES DU DROIT